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Sportifs Suisses abusés, la fin de l’omerta

Sportifs Suisses abusés, la fin de l’omerta

La vague de dénonciations se répand dans le monde et en Suisse aussi. De plus en plus d’athlètes de haut niveau osent dénoncer des méthodes d’entrainement dans un climat de maltraitance : psychologique, physique, sexuelle. Les gymnastes suisses sont les premières à dénoncer leurs bourreaux et ceux qui les ont couverts, car les fédérations restent parfois sourdes et muettes. Gymnastique, foot, hockey sur glace : ces témoignages pourraient n’être que la pointe de l’iceberg.

Emission Temps Présent, RTS, du 26 novembre 2020,

Le témoignage de Chloé: après la maltraitance

Le témoignage de Chloé: après la maltraitance

Chloé a survécu à la maltraitance dont elle a été victime dans son enfance. Entre une mère alcoolique, un père violent et une famille qui dysfonctionne, elle a dû, avec courage, traverser de grandes souffrances pour fonder sa propre famille.

Elle nous raconte son chemin vers la sérénité dans la “Ligne de cœur” et dans le livre “Maltraitances envers soi et les autres: c’est normal?” (Editions Favre).

Une étude le montre : la violence physique et psychologique envers les enfants fait partie du quotidien

Une étude le montre : la violence physique et psychologique envers les enfants fait partie du quotidien

Un enfant sur vingt est puni à la maison de manière régulière par des châtiments corporels. Un enfant sur quatre subit couramment de la violence psychologique. La campagne de sensibilisation de Protection de l’enfance Suisse a été accueillie positivement par les parents. Le postulat Bulliard pour une éducation sans violence sera traité par le Conseil national.

Depuis 2017, la campagne de prévention « Des idées fortes – il y a toujours une alternative à la violence » est accompagnée scientifiquement par l’université de Fribourg. L’étude portant sur le comportement punitif des parents en Suisse a été réalisée pour la troisième fois en 2019. Les résultats de l’échantillon actuel indiquent dans les deux domaines – violence physique et violence psychologique – un léger recul par rapport au sondage de 2017.

Les parents continuent de punir leurs enfants de manière régulière

L’étude actuelle a été réalisée en 2019 par l’université de Fribourg, à la demande de Protection de l’enfance Suisse. Il apparaît que les enfants les plus jeunes continuent d’être touchés plus souvent que les plus âgés par les châtiments corporels : 4,4 pour cent des parents indiquaient avoir recours régulièrement à la violence physique (en 2017, la proportion atteignait 5,79 pour cent). Malgré les valeurs globalement plus faibles, il ressort que pour un sous-groupe de parents relativement stable, la violence physique fait partie de l’éducation. 23,2 pour cent des parents indiquent avoir régulièrement envers leurs enfants un comportement qui présente des éléments de violence psychologique (en 2017, la proportion atteignait 25,15 pour cent). Dans les deux domaines – c’est-à-dire sur le plan de la violence physique et de la violence psychologique – on observe un léger recul mais en même temps une grande stabilité.

Le défi est plus que jamais d’actualité à cause de la menace représentée par la pandémieLes résultats de l’étude portant sur le comportement punitif des parents montrent que la violence dans l’éducation est utilisée dans toutes les circonstances de la vie. Il existe toutefois des facteurs de risque qui peuvent avoir des effets négatifs sur les enfants : quand la stabilité financière ou émotionnelle des parents se trouve dans une situation critique par exemple. « Ces facteurs de risque sont accrus dans le contexte de la pandémie. Les incertitudes sur le plan sanitaire et économique accroissent la pression qui pèse sur les parents et, de ce fait, le danger d’avoir recours à la violence », souligne Regula Bernhard Hug, directrice de Protection de l’enfance Suisse. C’est pourquoi l’entourage doit être vigilant, demander de l’aide ou en proposer.

La campagne de prévention fait la différence
L’enquête montre que la campagne a interpellé de nombreux parents. Ils ont remis en cause leurs pratiques éducatives et ont essayé de les modifier. De nombreux parents privilégient l’aide de type privé (soutien par des amis, des connaissances) en matière d’éducation et à propos du thème « éduquer sans violence ». Les parents qui s’expriment sur la violence sont par la suite plus ouverts à l’égard d’un soutien apporté par des tiers.

L’éducation sans violence au Parlement  
« Le recours régulier à la violence physique et psychologique dans l’éducation cause beaucoup de souffrance et laisse des marques profondes dans la santé et le comportement des enfants concernés », souligne Yvonne Feri, présidente du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse. « C’est pourquoi nous nous mobilisons pour que tous les enfants puissent grandir à l’abri de la violence et pour que la politique introduise l’éducation sans violence comme norme. » Lors de la Session spéciale du 29 et 30 octobre, le postulat Bulliard  « Protection des enfants contre la violence dans l’éducation » sera débattu au Conseil national. Par ce postulat, la Conseillère nationale PDC Christine Bulliard-Marbach demande au Conseil fédéral d’examiner comment la protection des enfants contre la violence dans l’éducation peut être inscrite dans le Code civil.

Indications à l’attention des rédactions
L’étude portant sur le comportement punitif des parents en Suisse ainsi que des photos et du matériel vidéo en rapport avec la campagne de sensibilisation « Des idées fortes – il y a toujours une alternative à la violence » sont disponibles ici.Des spécialistes de ces questions sont à votre disposition pour des interviews :

  • Regula Bernhard Hug, directrice de Protection de l’enfance Suisse
  • Yvonne Feri, présidente du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse et Conseillère nationale
  • Prof. Dominik Schöbi, directeur de l’Institut de recherche dans le domaine de la famille à l’université de Fribourg

Etudes concernant le comportement punitif des parents en SuisseVous trouverez ici toutes les études à télécharger.

Contact
Kinderschutz Schweiz
Protection de l’enfance Suisse
Protezione dell’infanzia Svizzera

Schlösslistrasse 9a | 3008 Berne

Tamara Parham, responsable de la communication, Protection de l’enfance Suisse
+41 76 392 13 27, tamara.parham@kinderschutz.ch

www.protectionenfance.ch
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«Idées fortes — il y a toujours une alternative à la violence»

«Idées fortes — il y a toujours une alternative à la violence»

Des témoins silencieux

En Suisse, les épisodes de violence font malheureusement encore partie de la réalité quotidienne de nombreuses familles. Dans sa campagne, Protection de l’enfance Suisse a recours à des peluches comme observateurs et leur prête une voix.

Les enfants ne veulent pas toujours ce que souhaitent les parents. Ils s’opposent, discutent et crient. Il n’est pas rare alors que les réactions prennent la forme de châtiments psychologiques et physiques blessants. Dans de nombreuses familles en Suisse, les punitions de ce type sont une réalité quotidienne et continuent très souvent de faire partie de l’éducation – malheureusement.

La perspective des peluches

Acteurs passifs au cœur d’événements violents, les peluches sont particulièrement proches des enfants. Dans les moments de solitude, elles se tiennent avec courage à leurs côtés et leur offrent un appui et un réconfort. Comme témoins muets, ces fidèles compagnons des tout-petits adoptent une perspective particulière. Dans leur impuissance, nous reconnaissons l’incapacité d’agir des enfants ; dotées d’une voix, les peluches transmettent un message : il y a toujours une alternative à la violence. Le but est de pousser à réfléchir et d’encourager les parents à miser sur une éducation sans violence physique ou psychologique. « Par ce changement de perspective, nous sensibilisons à nouveau la société et l’invitons à parler et à agir à la place des enfants et de leurs peluches », explique Regula Bernhard Hug, directrice de Protection de l’enfance Suisse.

La perspective des parents et des grand-parents

Dans le court film documentaire de la deuxième phase de la campagne « Idées fortes – il y a toujours une alternative à la violence », des parents et des grands-parents racontent comment ils ont réagi par le passé quand ils se trouvaient confrontés à des situations de l’éducation qui les poussaient à bout dans la vie quotidienne avec des enfants. Il apparaît rapidement qu’aujourd’hui aussi, de nombreux parents recourent encore dans des situations stressantes à des punitions psychologiques ou physiques inappropriées comme moyen d’éducation. Les chiffres de l’étude actuelle réalisée par l’université de Fribourg sur mandat de Protection de l’enfance suisse montrent qu’un enfant sur deux en Suisse connaît la violence psychologique et/ou physique dans l’éducation. La fessés ou la gifle sont considérées aujourd’hui encore comme normales ou même parfois comme nécessaires dans une large frange de la société en Suisse. Le petit film permet de se rendre compte à quel point les parents et les grands-parents ont eux-mêmes souffert de ces mesures et s’en souviennent encore très bien, même maintenant.

Des parents et des grands-parents parlent de leur expérience personnelle concernant la violence physique et psychologique dans leur enfance et dans la vie de tous les jours avec leurs enfants et leurs petits-enfants. Beaucoup de mères et de pères se reconnaîtront dans ces descriptions. Il s’agit de situations de stress de la vie courante avec des enfants et qui poussent les parents à bout. Mais comment peut-on mieux réagir dans des situations de ce genre ? « Que puis-je faire, en tant que maman ou papa, pour ne pas perdre le contrôle de mes réactions et ne pas laisser échapper des gestes ou des mots que je pourrais regretter ?», se demandent de nombreux parents. Même si les idées semblent simples au premier abord, elles sont efficaces : « Quand les enfants font une bêtise, je compte jusqu’à dix » ou « Quand je perds patience avec les enfants, je vais me promener » sont des alternatives simples mais efficaces dans la perspective des parents et/ou des grands-parents. Elles montrent à d’autres parents qu’il y a toujours une alternative à la violence. Si les parents parviennent ainsi à désamorcer la situation, ils réussiront mieux à mettre en pratique un mode d’éducation positif : la transmission de règles précises et de limites claires dans un climat de compréhension et de bienveillance.

La perspective des enfants

Dans le court film documentaire de la première phase de la campagne, des enfants vivant en Suisse racontent comment leurs parents réagissent quand ils n’obéissent pas ou qu’ils ont fait une bêtise. Il apparaît rapidement qu’aujourd’hui encore, beaucoup de parents recourent régulièrement à des punitions douloureuses ou humiliantes comme moyen d’éducation quand ils se trouvent dans des situations stressantes. Ce film permet de se rendre compte à quel point les enfants souffrent de ces mesures et de la violence qui leur est associée.