Enfants meurtris par les violences de leurs parents

Enfants meurtris par les violences de leurs parents

Un couple a été condamné à la suite de graves dysfonctionnements. Les deux parents s’accusaient mutuellement de mauvais traitements.

 

Une situation «pourrie jusqu’au trognon». C’est ainsi que le premier président du Tribunal d’arrondissement de Lausanne, Pierre Bruttin, avait résumé l’affaire en ouvrant le procès de deux époux qui s’accusaient mutuellement de multiples violences. Une femme a subi l’enfer d’un «tyran domestique». Mais ce sont les enfants qui ont enduré le plus gros dans cette affaire.

La vie a en effet très mal débuté pour le premier enfant de cette femme d’une quarantaine d’années, née au Maroc. Issu d’un premier mariage, il aura à subir des attouchements sexuels à l’âge de 18 mois. Un second mariage n’améliorera pas la situation. Les coups reçus, de sa propre mère cette fois, amèneront le Service de protection de la jeunesse (SPJ) à dénoncer des faits remontant à plusieurs années. Le SPJ a également dénoncé les coups reçus par la petite sœur, née du second mariage.

Les deux époux ne vivaient pas ensemble. Mais si la femme a pu faire preuve de violences envers ses enfants, elle en a subi également. Son mari, lui aussi dans la quarantaine, d’origine serbe, s’est montré plus qu’autoritaire. Les coups pleuvaient au sein du couple. Et pourtant, entre des périodes très conflictuelles et des rabibochages, on ne compte pas moins de quatre interruptions de grossesse, mais aussi – paradoxalement – un processus entamé en vue d’une fécondation in vitro.

Les violences conjugales ont amené les époux à s’attaquer mutuellement en justice, en 2015, lorsqu’une dispute a vu l’homme serrer le cou de sa femme, qui s’en est sortie en lui assénant des coups à l’aide d’un tube d’aspirateur. C’est le mari qui a appelé la police, déclarant qu’il comptait tuer son épouse si elle ne cessait pas de lui manquer de respect. Chacun a déposé une plainte.

Dans ce climat «délétère», les enfants ont été retirés à leurs parents. Un témoignage du SPJ a fait état d’une nette amélioration de leur évolution à partir de ce moment. Ils revenaient de loin: le garçon avait été recueilli en état de «mort psychique».

Déni des prévenus

Au cours de l’audience, le président du tribunal a vainement tenté de faire réagir les deux parents. Il semble que ni l’un ni l’autre n’aient pris conscience du désastre. Pas le moindre signe de repentir. Minimisant la portée de ses coups sur les enfants, la mère était par ailleurs bien en peine de décrire le viol et les contraintes sexuelles dont elle accuse son mari. Quant à lui, il nie tout en bloc, allant jusqu’à douter de la pertinence des photos de police montrant les traces laissées par ses mains sur le cou de son épouse. «Je dis toujours la vérité», assure finalement le prévenu, faisant sortir le président de ses gonds.

En rendant son verdict, la Cour de première instance a pointé ce «couple dysfonctionnant complètement, qui ne comprend rien à rien». Le tribunal a condamné la mère à 18 mois, assortis d’un long sursis de 5 ans. Si elle a subi «l’enfer avec un tyran violent et stupide», elle aurait aussi pu demander de l’aide, estime la Cour. Bien que victime, elle aurait dû s’éloigner de ce bourreau. Or les deux époux ne sont toujours pas divorcés.

À l’adresse de son mari, les juges n’ont pas retenu la tentative de meurtre requise par le Ministère public. Dans le doute, le viol de l’épouse n’a pas non plus été retenu, étant donné le climat de violences au sein du couple. Il écope tout de même d’une peine de prison de 3 ans et demi pour les lésions corporelles subies par son épouse et mise en danger de la vie d’autrui.

Perçue comme sévère par sa défense, la peine aurait été pire si la Cour avait retenu contre lui une forme d’escroquerie aux assurances sociales, qui lui aurait valu le renvoi de Suisse. Or le SPJ a témoigné en sa faveur, assurant que la présence du père apportait une certaine sérénité aux enfants. «On y renonce uniquement en raison des visites qu’il fait régulièrement à sa fille», a souligné le président.

 

Source: 24heures

https://www.24heures.ch/vaud-regions/enfants-meurtris-violences-parents/story/27041549

Image: PHILIPPE MAEDER – A

Ils abandonnent leur fille mourante à l’hôpital

Ils abandonnent leur fille mourante à l’hôpital

Tentative d’assassinat, accident de voiture, cavale et abandon d’enfants constituent le triste palmarès d’un couple interpellé par la police mercredi.

Ils sont soupçonnés d’avoir tenté d’assassiner un homme puis d’avoir abandonné leur fillette en état de mort cérébrale à l’hôpital après un accident de la route lundi à Samer (Pas-de-Calais): un couple de trentenaires a été interpellé mercredi après-midi à Outreau et placé en garde à vue.

Victime poignardée

Lundi, cette mère de famille, âgée de 34 ans, et son compagnon de 35 ans, sont d’abord soupçonnés d’avoir poignardé à Boulogne-sur-Mer l’ex-conjoint et amant de la femme, a relaté à l’AFP le parquet de Boulogne-sur-Mer. Selon la version du plaignant, légèrement blessé au front, c’est l’homme qui aurait voulu «se venger» en le «supprimant».

Une heure après cette agression présumée, les parents et leurs trois enfants ont eu un accident de la route: la voiture, conduite par la mère non-titulaire du permis de conduire, a percuté le mur de soubassement d’un pont ferroviaire vers 20h00 à Samer, à une vingtaine de kilomètres de Boulogne-sur-Mer.

«Est-ce que le couple revenait de l’agression à ce moment-là ? Ça reste à déterminer», s’interroge le parquet.

Fillette dans un état grave

Leur fillette de 18 mois a alors été héliportée dans un état très grave au CHU de Lille, où elle était en état de mort cérébrale mercredi après-midi.

Les parents et leurs deux autres enfants âgés de 3 et 4 ans avaient, eux, été admis à l’hôpital de Boulogne. Les enfants «sont toujours en milieu médicalisé, l’un parce qu’il est en état de choc et l’autre parce qu’il a subi des lésions cérébrales qui pourraient entraîner des séquelles», a précisé le parquet à l’AFP mercredi soir.

«Positifs à l’alcool»

Mais le couple a quitté précipitamment l’établissement dans la nuit de lundi à mardi. Activement recherchés depuis, ils ont été interpellés mercredi, sans se rebeller, sur la voie publique à Outreau «en état d’ébriété» et ont été placés en garde à vue à 14H concernant «les faits criminels de tentative d’assassinat».

Selon un témoignage rapporté par le parquet, lorsqu’ils ont quitté l’hôpital, «leur but était de se rendre sur Lille pour s’enquérir de l’état de santé de leur fille, mais apparemment ils sont restés dans la région boulonnaise».

Les résultats des prises de sang effectuées après l’accident ne sont pas encore connus, mais le parquet a la «quasi certitude» qu’ils se révéleront positifs à l’alcool.

Déjà condamnés

La mère a déjà été condamnée en 2011 par la cour d’assises des mineurs de Saint-Omer à huit ans de prison pour «vol à main armée»: «avec une complice, mineure au moment des faits, elles sont accusées d’avoir sous la menace d’un rasoir, volé les téléphones ou l’argent de lycéens», a rapporté le parquet de Boulogne-sur-Mer. Elle a également été condamnée en 2007 pour «menaces de mort» et «port d’armes».

De son côté, le père a notamment été condamné pour des faits de violences conjugales en 2016 et 2017.

Tous les deux sont «sans profession» et «consommateurs de produits stupéfiants et d’alcool».

Dans le quotidien régional «La Voix du Nord», la mère de la conductrice avait exhorté le couple, originaire de Carly, près de Boulogne, à se rendre. «Elle a fait des conneries dans sa vie, mais ça… Elle les couvait ses enfants, elle était tout le temps avec eux, je ne comprends pas», a-t-elle affirmé au quotidien. (afp/nxp)

 

Source: 24heures

https://www.24heures.ch/monde/faits-divers/abandonnent-fille-mourante-hopital/story/26514346

Image: AFP

Sa fille ne mangeait pas assez, il la rouait de coups

Sa fille ne mangeait pas assez, il la rouait de coups

Un père de famille érythréen comparaît pour maltraitance, quatorze mois après le décès de son enfant de 8 ans, soumise à des mois de torture.

L’affaire avait fait grand bruit en février 2018. Une fillette de 8 ans était décédée à l’hôpital des suites d’une infection. Or son corps était couvert d’hématomes. Depuis mercredi, ses parents sont jugés devant le Tribunal de Berne-Mittelland pour maltraitance.
Le père, un Érythréen de 40 ans ayant fui son pays il y a trois ans, est accusé d’avoir maltraité sa fille pendant au moins trois mois, relate la «Berner Zeitung».

Il voulait qu’elle mange

L’enfant aurait reçu quotidiennement des claques, des coups de poing ou des coups de ceinture parce qu’elle ne mangeait pas assez. «Je ne pouvais pas accepter cela en tant que père», a-t-il expliqué devant la Cour. L’homme forçait la fillette à ingurgiter de la nourriture jusqu’à ce qu’elle en vomisse, mais aussi à faire des séances de gymnastique intensives. «En Érythrée, il est normal de battre les enfants», s’est-il défendu, admettant être «allé trop loin».

Procédure pour maltraitance

Le lien entre les violences subies par la petite victime et son décès n’a pas pu être établi par l’enquête. Aussi l’accusation de meurtre n’a-t-elle pas été retenue contre le père, qui risque 2 ans de prison pour maltraitance. La mère a également été entendue comme prévenue, car elle n’a pas empêché les exactions commises par son mari. Cette femme de 33 ans justifie sa passivité par le fait qu’elle ne connaissait personne à qui elle aurait pu demander de l’aide. Elle aurait aussi été victime de brutalités de la part de son époux. Verdict aujourd’hui.

Source: 20 minutes

https://www.20min.ch/ro/news/suisse/story/Sa-fille-ne-mangeait-pas-assez–il-la-rouait-de-coups-14737802

Photo: Keystone/Peter Klaunzer

Violence conjugale, le cercle infernal

Violence conjugale, le cercle infernal

En Suisse, toutes les deux semaines, une femme meurt sous les coups de son partenaire. Reste que la violence conjugale n’est pas forcément synonyme de femmes battues. Les hommes aussi sont concernés et la violence dans le couple ne commence pas à partir des coups. Pourquoi les victimes acceptent-elles, parfois pendant des années, l’inacceptable ? Pour Temps Présent, des Romands témoignent de leur calvaire. Regards croisés sur un problème de santé publique, qui coûte des millions à la société et nous concerne tous.

Voir la vidéo:

https://www.rts.ch/play/tv/temps-present/video/violence-conjugale-le-cercle-infernal?id=10342577

 

Source: RTS

 

 

Maltraitance: Trop d’enfants témoins ou victimes

Maltraitance: Trop d’enfants témoins ou victimes

Une étude montre que les filles sont surtout victimes d’abus sexuels tandis que les garçons rapportent des cas de maltraitance physique ou de négligence.

Chaque année en Suisse, des dizaines de milliers d’enfants sont témoins ou victimes de violences physiques ou psychologiques, de négligence ou d’abus sexuel. Entre 30’000 et 50’000 de ces jeunes entrent en contact avec une organisation de soutien, selon une étude.

Ces chiffres représentent entre 2% et 3,3% des enfants de Suisse, précise la Fondation UBS Optimus dans sa dernière étude sur la maltraitance des enfants publiée mercredi. Certains d’entre eux sont mis en lien avec une organisation de protection de l’enfant pour la première fois, d’autres de façon récurrente. Le plus souvent, des parents, pédiatres ou psychologues scolaires signalent les cas.

Dans 22,4% des situations, soit le plus fréquemment, l’enfant est négligé, ce qui est toutefois faible en comparaison internationale, souligne l’étude. Suivent de près les signalements de maltraitance physique (20,2%) et psychologique (19,3%). Les témoins de violences conjugales constituent 18,7% des jeunes touchés, alors que 15,2% des signalements concernent des victimes d’abus sexuels.

Les enfants pris en charge sont presque toujours confrontés à la violence dans leur environnement immédiat: dans trois cas sur quatre, l’auteur de cette menace est un proche et, dans un cas sur trois, c’est l’un des parents (sauf pour les maltraitances sexuelles). Les cas de négligence sont attribuables surtout à des femmes et toutes les autres formes de mauvais traitements plutôt à des hommes.

Filles ou garçons

Les maltraitances sexuelles sont plus souvent repérées lorsque les victimes sont des filles, font également observer les auteurs de l’étude, les professeurs René Knüsel de l’Université de Lausanne et Andreas Jud de la Haute école spécialisée de Lucerne. A l’inverse, les garçons sont plus souvent enregistrés par les organisations de soutien pour des cas de maltraitance physique ou de négligence.

En outre, les jeunes dont la situation est rapportée à une organisation de protection de l’enfance ont en moyenne plus de dix ans. Selon les deux chercheurs, cela laisse supposer qu’en Suisse, la violence physique n’est détectée ou identifiée que tardivement dans certains domaines d’assistance.

Les chercheurs ont invité 432 organisations sur un total de 643 autorités de protection de l’enfant et de l’adulte, de services sociaux et de santé et de droit pénal à participer à l’enquête. Parmi elles, 81% ont mis à disposition leurs données brutes. Les chercheurs ont relevé les nouveaux cas (7651) saisis sur trois mois en 2016, avant de les extrapoler sur un an et sur les 643 entités.

Disparités régionales

De septembre à novembre 2016, les organisations de protection de l’enfant ayant participé à l’étude ont elles-mêmes assuré au total plus de 12’500 prestations d’assistance, et en ont demandé près de 9500 à des organisations tierces. Extrapolée sur une année, cette donnée représenterait de 67’000 à 111’000 prestations de services.

La Suisse dispose ainsi d’un réseau bien développé d’organisations pour faire face aux formes de mauvais traitements envers les enfants, notent les auteurs de l’étude. Il est toutefois difficile de savoir si la réponse apportée est toujours adéquate. Et de relever de grandes disparités géographiques: tous les enfants concernés ne bénéficient pas de la même protection selon les régions. (ats/nxp)

 

Source: Lematin.ch

https://www.lematin.ch/suisse/maltraitance-enfants-temoins-victimes/story/19968563

Image: Keystone