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Le nombre d’enfants maltraités a augmenté de 14% en Suisse l’an dernier

Le nombre d’enfants maltraités a augmenté de 14% en Suisse l’an dernier

En 2022, le nombre d’enfants maltraités physiquement et psychologiquement a de nouveau augmenté. Près de 1900 cas ont été recensés, soit une augmentation de 14%. Deux enfants en bas âge sont décédés.

RTS Info, 5 juillet 2023

L’augmentation était observée depuis plusieurs années, mais jamais dans une telle proportion, a relevé mardi la Société suisse de pédiatrie. Les auteurs ne peuvent pas dire s’il s’agit d’une augmentation réelle ou de la conséquence d’une sensibilisation accrue.

L’étude menée par les 20 cliniques pédiatriques ayant servi de base à l’évaluation recense les enfants et les adolescents jusqu’à 17 ans victime de maltraitance. Les cas multiples sont comptabilisés une seule fois, dans la catégorie du mauvais traitement le plus grave.

Les cas de négligences représentent 30% des cas, suivis le plus souvent par des maltraitances physiques dans 28% des cas. La maltraitance psychologique arrive en troisième position avec 27% des cas.

Les médecins ont constaté des abus sexuels chez 14% des enfants traités et le syndrome de Münchhausen par procuration, où l’adulte provoque chez l’enfant de manière délibérée des problèmes de santé dans le but d’attirer l’attention du corps médical, représentait à peine 1%. La répartition des formes de maltraitance est restée stable en 2022.

La violence domestique prise en compte

La maltraitance psychologique comprend également le fait d’être témoin de violences domestiques. Cette souffrance, recensée pour la deuxième fois seulement, représente près de la moitié des maltraitances psychologiques. Cela confirme la problématique, estime le groupe de protection de l’enfance. Cette expérience vécue à la maison est une charge mentale très difficile.

La maltraitance est considérée comme certaine dans 53% des cas, probable dans 25% et incertaine dans 22%. En 2021, le pourcentage de diagnostics certains était plus élevé. La certitude du diagnostic varie selon le type de maltraitance.

>> L’interview de Sarah Depallens, pédiatre et responsable du CAN TEAM, l’unite de protection hospitalière au CHUV et dans le canton de Vaud

Sarah Depallens, médecin et responsable du CAN Team au CHUV. [Stéphane Délétroz - RTS]
Interview de Sarah Depallens, pédiatre et responsable du CAN TEAM, l’unite de protection hospitalière au CHUV et dans le canton de Vaud. / La Matinale / 1 min. / le 5 juillet 2023

Les filles plus souvent victimes

Les filles sont plus souvent victimes de maltraitance (56%) que les garçons (44%). Pour les cas d’abus sexuels ou de soupçons d’abus sexuels, la proportion pour celles-ci bondit à 84%. A part les coups, elles sont plus exposées que les garçons à toutes les formes de maltraitance.

En 2022, les très jeunes enfants ont été plus souvent victimes de maltraitance. La part des moins de six ans est de près de 45%. Les moins d’un an représentent même 18%.

Pour deux d’entre eux, les mauvais traitements ou la négligence ont eu une issue fatale, le même nombre que l’année précédente. En 2021, cinq enfants étaient morts de maltraitance physique. Les spécialistes partent de l’idée que le nombre de cas non déclarés est élevé, en particulier chez les plus jeunes.

Dans le cercle familial

Dans trois quarts des cas, les auteurs sont des membres de la famille, dans 14% des connaissances. Pour le reste, il s’agit d’autres personnes ou d’inconnus. Concernant les abus sexuels, deux cinquièmes des auteurs sont issus du cercle familial ou d’amis.

Contrairement à l’année précédente, la part des auteurs d’agressions physiques issus du cercle de connaissances a augmenté de 18 à 24% et celle des auteurs étrangers de 4,5 à 10%. Difficile de savoir s’il s’agit d’une plus grande propension à la violence dans la société, indiquent les auteurs.

Dans un tiers des cas, la maltraitance est commise par des hommes et des femmes ensemble. Dans un autre tiers, les hommes sont les seuls auteurs et dans 23% ce sont des femmes. Les données sont manquantes pour le reste. Les hommes commettent plus souvent des violences physiques, tandis qu’il n’y a pas de différence de genres en matière de maltraitances psychologiques. Quatre cinquièmes des auteurs sont âgés de plus de 18 ans.

« J’ai fait des choses terribles à ma petite fille »

« J’ai fait des choses terribles à ma petite fille »

20 minutes, 2 septembre 2022

Des parents, qui ont gravement maltraité leur fille, risquent 5 et 6 ans de prison

Un père de famille originaire d’Allemagne est accusé d’avoir, avec son épouse suisse, infligé pendant des années de très graves sévices physiques et psychologiques à leur fille.

Lors du procès qui s’est tenu jeudi, devant le tribunal de district de Zurich, le mari, âgé de 42 ans a avoué, mais a relativisé les faits. «J’étais complètement dépassé par les événements. J’ai fait des choses terribles à ma petite fille», a-t-il lancé à la barre. Il a également admis avoir versé du produit anti-calcaire sur la tête de l’enfant. «Je voulais simplement qu’elle se lave», a-t-il justifié

L’épouse et belle-mère de la fillette, âgée de 41 ans, avoue elle aussi mais en partie seulement: «Je lui ai fait des choses horribles». Elle ajoute qu’elle aurait dû intervenir plus tôt, lorsque son mari maltraitait sa fille, et chercher de l’aide.

Cinq et six ans requis

Le procureur a requis une peine de cinq ans de prison pour la femme et de six ans pour le mari. L’Allemand doit en outre être expulsé du pays pour dix ans. Le chef d’accusation de lésions corporelles graves est retenu contre lui. La jeune fille souffrirait de dépression et d’un trouble de stress post-traumatique. Sa guérison prendra des années.

L’avocate de la victime demande aux parents de verser un dédommagement de 80’000 francs. Ils ne pourront plus avoir de contact avec elle pendant les cinq prochaines années.

La défense demande des peines avec sursis

L’affaire avait éclaté lorsque l’école de Zurich avait déposé une plainte et que les autorités de protection de l’enfant et de l’adulte soient intervenues. Après l’arrestation des parents en octobre 2019, la fillette a été placée et a maintenant terminé sa scolarité.

La défense a demandé des peines avec sursis de 18 mois pour le mari et de 24 mois pour la femme pour lésions corporelles simples et violation du devoir d’éducation. Le tribunal rendra son jugement dans les prochains jours.

Sportifs Suisses abusés, la fin de l’omerta

Sportifs Suisses abusés, la fin de l’omerta

La vague de dénonciations se répand dans le monde et en Suisse aussi. De plus en plus d’athlètes de haut niveau osent dénoncer des méthodes d’entrainement dans un climat de maltraitance : psychologique, physique, sexuelle. Les gymnastes suisses sont les premières à dénoncer leurs bourreaux et ceux qui les ont couverts, car les fédérations restent parfois sourdes et muettes. Gymnastique, foot, hockey sur glace : ces témoignages pourraient n’être que la pointe de l’iceberg.

Emission Temps Présent, RTS, du 26 novembre 2020,

Le témoignage de Chloé: après la maltraitance

Le témoignage de Chloé: après la maltraitance

Chloé a survécu à la maltraitance dont elle a été victime dans son enfance. Entre une mère alcoolique, un père violent et une famille qui dysfonctionne, elle a dû, avec courage, traverser de grandes souffrances pour fonder sa propre famille.

Elle nous raconte son chemin vers la sérénité dans la « Ligne de cœur » et dans le livre « Maltraitances envers soi et les autres: c’est normal? » (Editions Favre).

Une étude le montre : la violence physique et psychologique envers les enfants fait partie du quotidien

Une étude le montre : la violence physique et psychologique envers les enfants fait partie du quotidien

Un enfant sur vingt est puni à la maison de manière régulière par des châtiments corporels. Un enfant sur quatre subit couramment de la violence psychologique. La campagne de sensibilisation de Protection de l’enfance Suisse a été accueillie positivement par les parents. Le postulat Bulliard pour une éducation sans violence sera traité par le Conseil national.

Depuis 2017, la campagne de prévention « Des idées fortes – il y a toujours une alternative à la violence » est accompagnée scientifiquement par l’université de Fribourg. L’étude portant sur le comportement punitif des parents en Suisse a été réalisée pour la troisième fois en 2019. Les résultats de l’échantillon actuel indiquent dans les deux domaines – violence physique et violence psychologique – un léger recul par rapport au sondage de 2017.

Les parents continuent de punir leurs enfants de manière régulière

L’étude actuelle a été réalisée en 2019 par l’université de Fribourg, à la demande de Protection de l’enfance Suisse. Il apparaît que les enfants les plus jeunes continuent d’être touchés plus souvent que les plus âgés par les châtiments corporels : 4,4 pour cent des parents indiquaient avoir recours régulièrement à la violence physique (en 2017, la proportion atteignait 5,79 pour cent). Malgré les valeurs globalement plus faibles, il ressort que pour un sous-groupe de parents relativement stable, la violence physique fait partie de l’éducation. 23,2 pour cent des parents indiquent avoir régulièrement envers leurs enfants un comportement qui présente des éléments de violence psychologique (en 2017, la proportion atteignait 25,15 pour cent). Dans les deux domaines – c’est-à-dire sur le plan de la violence physique et de la violence psychologique – on observe un léger recul mais en même temps une grande stabilité.

Le défi est plus que jamais d’actualité à cause de la menace représentée par la pandémieLes résultats de l’étude portant sur le comportement punitif des parents montrent que la violence dans l’éducation est utilisée dans toutes les circonstances de la vie. Il existe toutefois des facteurs de risque qui peuvent avoir des effets négatifs sur les enfants : quand la stabilité financière ou émotionnelle des parents se trouve dans une situation critique par exemple. « Ces facteurs de risque sont accrus dans le contexte de la pandémie. Les incertitudes sur le plan sanitaire et économique accroissent la pression qui pèse sur les parents et, de ce fait, le danger d’avoir recours à la violence », souligne Regula Bernhard Hug, directrice de Protection de l’enfance Suisse. C’est pourquoi l’entourage doit être vigilant, demander de l’aide ou en proposer.

La campagne de prévention fait la différence
L’enquête montre que la campagne a interpellé de nombreux parents. Ils ont remis en cause leurs pratiques éducatives et ont essayé de les modifier. De nombreux parents privilégient l’aide de type privé (soutien par des amis, des connaissances) en matière d’éducation et à propos du thème « éduquer sans violence ». Les parents qui s’expriment sur la violence sont par la suite plus ouverts à l’égard d’un soutien apporté par des tiers.

L’éducation sans violence au Parlement  
« Le recours régulier à la violence physique et psychologique dans l’éducation cause beaucoup de souffrance et laisse des marques profondes dans la santé et le comportement des enfants concernés », souligne Yvonne Feri, présidente du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse. « C’est pourquoi nous nous mobilisons pour que tous les enfants puissent grandir à l’abri de la violence et pour que la politique introduise l’éducation sans violence comme norme. » Lors de la Session spéciale du 29 et 30 octobre, le postulat Bulliard  « Protection des enfants contre la violence dans l’éducation » sera débattu au Conseil national. Par ce postulat, la Conseillère nationale PDC Christine Bulliard-Marbach demande au Conseil fédéral d’examiner comment la protection des enfants contre la violence dans l’éducation peut être inscrite dans le Code civil.

Indications à l’attention des rédactions
L’étude portant sur le comportement punitif des parents en Suisse ainsi que des photos et du matériel vidéo en rapport avec la campagne de sensibilisation « Des idées fortes – il y a toujours une alternative à la violence » sont disponibles ici.Des spécialistes de ces questions sont à votre disposition pour des interviews :

  • Regula Bernhard Hug, directrice de Protection de l’enfance Suisse
  • Yvonne Feri, présidente du conseil de fondation de Protection de l’enfance Suisse et Conseillère nationale
  • Prof. Dominik Schöbi, directeur de l’Institut de recherche dans le domaine de la famille à l’université de Fribourg

Etudes concernant le comportement punitif des parents en SuisseVous trouverez ici toutes les études à télécharger.

Contact
Kinderschutz Schweiz
Protection de l’enfance Suisse
Protezione dell’infanzia Svizzera

Schlösslistrasse 9a | 3008 Berne

Tamara Parham, responsable de la communication, Protection de l’enfance Suisse
+41 76 392 13 27, tamara.parham@kinderschutz.ch

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